Visiter la Corée du Sud en famille – Ermitage de Hyangiram

Comme nous ne voulions pas trop courir pendant notre séjour à Yeosu, nous avons hiérarchisé les visites (et donc on a eu le temps de n’en faire qu’une seule, mais quelle visite !). Selon les guides, l’ermitage bouddhiste de Hyangiram était le site le plus intéressant. Cela dit en passant ce voyage m’a vraiment réconciliée avec le guide Michelin qui hiérarchise les sites et permet vraiment de choisir entre deux lieux qui ont l’air tout aussi intéressants sur le papier. Il nous a été très utile pour choisir un palais coréen dans Séoul et ici à Yeosu.

Cette visite est une de celles que j’ai préférées pendant ce voyage, sachant que je suis très sensible à l’atmosphère des lieux cultuels et que j’aime les paysages de bord de mer, c’était juste la visite parfaite pour moi. J’avais hésité avec plusieurs autres temples bouddhistes, disons que je voulais aller en visiter un mais pas plus car mes enfants sont encore petits et remuants. L’ermitage a vraiment comblé mes attentes, et je dirais que j’ai vraiment retrouvé les impressions lues sur les blogs de voyage concernant le temple de la mer de Busan.

J’ai aussi eu la grande chance de bien pouvoir préparer cette visite grâce à un blog formidable, Dale’s Korean Temple Adventures (en anglais), qui décrit minutieusement tous les temples bouddhistes de Corée, explique leur organisation et les figures divines importantes priées dans chaque temple (car cela varie en fonction du lieu et des régions). Vous pouvez accéder à la liste des temples en cliquant sur le nom de la région dans l’entête gris en haut de la page. Cela m’a permis d’abord de faire un petit résumé facile à comprendre à mon fils de 6 ans sur son carnet de voyage, ensuite de pouvoir fournir quelques explications à mon mari sur place et enfin de vraiment profiter de la visite à 100% en comprenant le sens et les usages des différents espaces. J’ai trouvé que les explications des guides de voyage traditionnels étaient un peu trop vagues (en général on trouve un long chapitre en début de guide mais forcément les « petits » temples ne sont pas décrits en détail).

 

Allez, c’est parti je vous emmène avec nous.

Tout d’abord il faut trouver le bon arrêt de bus à Yeosu. Deux bus desservent l’ermitage (bus 111 et bus 113) et ils ne passent qu’une fois par heure alors armez-vous de patience. On a attendu le nôtre 50 minutes mais heureusement il y avait un café qui servaient des smoothies à proximité (puis tous les papis et mamies coréen.ne.s qui attendaient à l’arrêt de bus ont donné des gâteaux à nos enfants).

 

On passe ensuite par le grand pont de Yeosu pour rejoindre l’immense île de Dolsan (70 km2) au sud de laquelle se trouve l’ermitage. Le voyage dure environ une heure et on passe au milieu de rizières et de petits villages. Sur la fin le paysage est vraiment magnifique par la fenêtre. Le bus nous dépose en bas du village d’Impo et il faut remonter une grosse côte bien raide à pied. Le long de la rue se trouvent des étalages de kimchi de feuilles de moutarde et des moules (bon nous on commençait à avoir l’estomac en vrac alors on a passé notre tour).

Après avoir remonté toute la côte (et croisé 2 ou 3 toilettes publiques – je ne me suis jamais habituée à cette omniprésence de toilettes gratuites super propres), on arrive au site de l’Ermitage. Il faut s’acquitter d’un droit d’entrée (1,50€ pour les adultes) et à nous les milliers de marches.

Le même enfant qui était soi-disant au bout de sa vie dans la côte du village part alors en courant à l’assault du grand escalier. Comme je l’ai appris en préparant cette visite, avant d’entrer dans un monastère bouddhiste, on passe par plusieurs « seuils » ou portes pour se préparer (ce trajet représente l’ascension du Mont Sumeru, le centre de l’univers pour les bouddhistes). La première porte est celle du « pilier unique » (iljumun). On l’appelle ainsi parce que les piliers sont en forme de chiffre « un », droits et debout et qu’ils sont bien alignés. Un toit connecte ces piliers pour symboliser la « résolution ». Il a pour but de remettre dans le droit chemin ceux dont l’esprit s’égare et les pousser à avancer résolument.

La porte Iljumun porte toujours une pancarte (que je ne peux pas vous traduire).

Le chemin continue à monter et nous passons par ce qui ressemble au « pas du cheval » (hamabi) c’est-à-dire l’endroit où les nobles descendent de leur monture et continuent la route à pied car tous les pélerins sont égaux et il n’y a pas de différence de caste entre eux.

Source : TKostolany

Arrive la dernière porte et le moment le plus rigolo. Il y a toujours un pont pour entrer dans le sanctuaire et ici c’est cette paroi rocheuse où de l’eau ruisselle qui joue ce rôle là. La symbolique du passage du pont est de se « purifier » des mauvais esprits lors du passage.

C’est extrêmement étroit, on passe tout juste à la fin (je suis passée de profil).

On arrive alors sur l’esplanade principale du temple. Les petits papiers roses sont des intentions de prière accrochées aux lampions. C’est absolument magnifique et à couper le souffle.

Source : Garam

Voici le temple principal où se trouve trois divinités (elles vont toujours par trois) : au centre la divinité la plus importante soit ici Seokgamoni-bul (le « Bouddha historique » bon c’est celui que nous appelons Bouddha en Occident), Jijang-bosal (le « Bodhisattva de la vie après la mort » – un bodhisattva est un homme engagé sur la voie pour être un bouddha mais qui n’a pas encore connu « l’éveil », cette divinité est très vénérée en Chine – le bouddhisme ayant été amené en Corée par les Chinois – et il aide les âmes à sortir des enfers et à atteindre le nirvana) et Gwanseeum-bosal (la « Bodhisattva de la compassion », qui est une divinité extrêmement priée en Corée et représentée le plus souvent sous les traits d’une femme). Comme le veut l’usage, nous nous sommes prosternés en passant devant (les vrais croyants se prosternent trois fois).

Sur un côté de l’esplanade on trouve cette grosse cloche que les moines sonnent plusieurs fois le matin et plusieurs fois le soir. De là partent des petits chemins escarpés dans la montagne qui mène aux autres temples du sanctuaire ainsi qu’aux salles du monastère là où a lieu le « dharma » soit l’enseignement. Je n’ai pas pris de photos de ces petits chemins qui vont d’une grotte à un temple (notamment car j’étais bien occupée à surveiller mes enfants) mais ce sont vraiment des lieux très beaux et très empreints de spiritualité (ça m’a beaucoup fait penser aux meilleurs coins de Lourdes).

Les temples sont très richement décorés avec des symboles typiquement coréens, notamment sur la photo ci-dessus des grues que nous avions vu sur le train. Il me semble qu’il y a aussi une symbolique pour les couleurs mais je n’ai pas réussi à retrouver une source fiable et détaillée pour cette information.

La particularité de ce temple c’est qu’on y trouve vraiment les divinités typiques du bouddhisme coréen comme la déesse de la Compassion. Un temple lui est intégralement dédié, tout en haut du sanctuaire, avec une très belle statue.

Source : 날개

On peut d’ailleurs voir à ses pieds des petits bouddhas, qui font souvent des grimaces et qui sont disséminés partout sur le site, ce qui a beaucoup amusé ma fille de 18 mois qui s’amusait à reproduire les expressions des visages des petits bébés Bouddhas qu’elle croisait (personne ne nous a rien dit, donc je pense que les croyants présents n’ont pas été offensés car c’était vraiment fait de manière innocente).

On trouve aussi un Samseung-gak c’est-à-dire le temple des « Trois Saints ». Ce sont trois divinités typiquement coréennes, qui étaient priées en Corée du Sud à l’époque chamanique soit avant l’introduction du bouddhisme et qui ont été intégrées. Vous pouvez les voir ci-dessous autour de ce qui me semble être un jeu de go : en rouge Sanshin l’esprit de la Montagne, en orange Dokseong l’Ermite et en bleu Chilseong « le dieu des 7 étoiles ».

Sanshin est donc le Dieu de la Montagne. On le représente souvent avec une longue barbe pour témoigner de sa bonne santé (donc de sa longue vie), un éventail (ou un bâton) (il y a pas mal de vent à Hyangiram ^^’) et au moins un tigre. Les montagnes représentant 70% de la surface de la Corée, ce dieu est très populaire.

Voici un très beau tigre, emblème de la Corée et compagnon de Shansin. On en trouve d’autres sur les parois extérieures des temples (dont certains plus agressifs), ça a d’ailleurs beaucoup intéressé mes enfants de les retrouver (et ça permet de laisser l’intérieur des temples un peu plus calme ^^).

Voici Chilseong, le dieu des « 7 étoiles » (c’est en fait la constellation que nous appelons la Grande Ourse)(qui est ma constellation préférée donc j’ai été très sensible au fait qu’elle ait un Dieu pour elle toute seule dans la religion coréenne). Il est le protecteur des enfants et apporte la bonne fortune à ceux qui le lui demandent. Pour les astronomes coréens, la Grande Ourse est extrêmement visible depuis la Corée du Sud, d’où son importance et le fait qu’on représente ici Chilseong avec une grue, animal symbole du pays.

Je n’ai pas pris de photo de Dokseong, l’Ermite, alors voici le lien de la page de Dale qui vous donnera toutes les infos pour mieux connaître ce dieu car si vous visitez un lieu de culte bouddhiste en Corée du Sud, il y a de grandes chances que vous le croisiez.

Quelques éléments ayant interrogé et amusé mes enfants :

 

On trouve un peu partout sur le site ces piles de « briques » où des prières sont inscrites. Elles sont achetées par les pélerins et sont utilisées pour réparer les bâtiments du temple. Certains murets sont intégralement construits avec ces briques votives, c’est assez impressionnant !

La tortue est un animal très vénéré dans cette partie de la Corée et il se trouve que le monastère est construit sur un mont qui ressemble à une tête de tortue. On en trouve partout sur le site, y compris cette immense tortue (dans la bouche de laquelle est coincée une pièce de monnaie… ça a fasciné mes enfants !). Les rampes d’escalier pour redescendre sont d’ailleurs garnies de petites tortues (on en voit quelques unes sur la photo ci-dessus sur le muret) sur lesquelles les pélerins accrochent des bracelets ou déposent des pièces.

 

On termine la visite sur cette vue merveilleuse sur les îles au large.20170407_171636_Richtone(HDR)

 

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Une réponse à “Visiter la Corée du Sud en famille – Ermitage de Hyangiram

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