14 juillet – Eric Vuillard

rentreelitt

Il est plus que temps de commencer à faire le compte-rendu du Challenge 1% Rentrée Littéraire (j’en suis à 4 romans lus sur les 6 exigés, en sachant qu’il m’en reste un à choisir, si vous avez des recommandations de romans écrits par une femme, je prends !). J’ai donc commencé cette année par la recommandation du site des Cannibales Lecteurs soit 14 juillet de Eric Vuillard.

14juill

14 juillet raconte donc la prise de la Bastille du 14 juillet 1789 du côté du peuple. L’auteur s’intéresse aux mouvements de foule et le décrit vraiment bien. Il a aussi une grande connaissance des petites histoires de cette grande Histoire, il recontextualise de manière vraiment fine cet événement que tout le monde connaît.

Une folie est une maison de plaisance, extravagance d’architecte, outrance princière. Son allure légère, délicate, le libertinage des lumières à travers les innombrables fenêtres annoncent le règne bourgeois de la maison secondaire.  Elle imite les villas du Palladio, c’est du Vitruve pour entrepreneur, de l’Alberti de petit-maître. Mais parmi toutes les folies que l’on bâtit en France dans la Bourgogne et le Bordelais, près de Montpellier, en bord de Loire, pavillons délirants, jardins coquets, avec leurs îles de magnolias et leurs cavernes de mousse, où des nuées d’ombrelles se dispersent dans les allées, ce fut la folie Titon qui, aux dernières heures de l’Ancien Régime, fit vraiment parler d’elle.

De mouvements de foule, il n’y en a pas dans cet incipit (je vous promets que ça viendra), mais il vous donne déjà des indications sur un petit défaut du roman. C’est un roman très érudit, même s’il est bien plus facile à lire que Boussole. Le texte est très beau, très travaillé, on a beaucoup de plaisir à le lire.

Alors les Parisiens cherchèrent des armes. Ils craignaient le retour des troupes. Une curieuse idée sur laquelle on tomba, fut d’aller au Mont-de-Piété. On se rua aux objets gagés, comme si on allait trouver réponse à tous les problèmes, une vérité perdue depuis longtemps, qu’un pauvre bougre serait venu un jour mettre en gage. (…) Et, en effet, au Mont-de-Piété, entre les montres suisses, les dentelles fines et les vieilles cannes, on dénicha tout un lot d’armes anciennes. Ce sont les pistolets de Mathusalem, les mousquets du Déluge. La foule s’arme quand même.

(…) Depuis quelques jours, les boutiques d’armuriers étaient enfoncées, pillées. Les minutes du Châtelet font un horrible lamento. (…) Enfin, par une idée saugrenue et sublime,  les foules allèrent jusqu’à forcer les portes des théâtres. Elles pénétrèrent les magasins d’accessoires, et firent de leurs répliques de scène de véritables armes. On brandit les boucliers de Dardanus et le flambeau de Zoroastre. Les fausses épées devinrent de vrais bâtons. La réalité dépouilla la fiction. Tout devint vrai.

Même si le roman assez court (200 pages – tout est relatif), il reste pourtant très dense. Peut-être que le texte était trop beau, mais j’ai eu beaucoup de mal à le lire sur la longueur. J’ai eu besoin de faire des pauses et j’en suis sortie complètement asséchée, je n’ai rien pu lire pendant 10 jours (mais je crois que ça tient à la maison d’édition car Boussole l’année dernière et Ma part de gaulois m’ont fait le même effet).

J’ai bien aimé faire cette lecture et en même temps je n’ai pas réussi à entrer dans le roman, quelque chose m’a gardée à distance. Je crois qu’il y a un peu trop de personnages et de noms, même si l’auteur arrive à les incarner, ils meurent très rapidement et il faut refaire le travail avec de nouveaux personnages qui ne vivent que quelques pages. C’est tout à fait plausible historiquement, c’est même une très bonne idée d’un point de vue littéraire, mais du coup ça rend la lecture plus difficile.

A présent, Aubin et Louis entrent dans le corps de garde. Ils jettent les tiroirs à terre, ouvrent les portes ; ils cherchent les clés, mais ne trouvent rien. Dehors, la foule cogne à grands coups sur le pont-levis, on s’impatiente. On arrive de toute parts, le chemin tournant qui mène à la dernière cour est plein de monde. Il y a là Collinet, le chapelier, avec Giles Droix, son camarade, et Varenne. Ils ont une furieuse envie de voir ce qui se passe. Il y a tellement de bruit qu’il se crient à l’oreille des morceaux de parole. Varenne perd un soulier. Les autres se marrent. Il boitille au milieu du chaos. Rue Saint-Antoine, la rumeur dit que l’on entre dans la Bastille. Alors, on se rue vers l’Avancée. Ils veulent tous voir. Jean Jullien veut voir, Laurent veut voir, Toussaint Grolaire veut voir, Dumont veut voir.

Publicités

Une réponse à “14 juillet – Eric Vuillard

  1. J’ai retenu ce livre dans les pages « critiques » de Télérama. Le commentaires était élogieux, je me suis demandé s’il pouvait plaire à Olivier…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s