C’est lundi… que lisez-vous ? (8)

Qu’est ce que j’ai lu la semaine passée ?

J’ai lu Moïra de Julien Green et je l’ai même terminé !

Bon au final, ça m’a plu, j’ai vraiment beaucoup aimé toute la seconde partie même si j’ai trouvé la fin trop abrupt et qu’elle m’a laissée sur ma faim (et que je n’aime vraiment pas ça du tout).

Ce qui m’a le plus plu c’est la situation d’énonciation qui me gênait au début puisque le narrateur n’est ni vraiment omniscient ni vraiment subjectif et que ça me laissait un peu seule face au personnage et à ses réactions. Mais au fil du roman on apprend à le connaître, comme lui-même apprend à se connaître, c’est une posture intéressante. Par contre j’ai trouvé que la seconde partie allait beaucoup beaucoup trop vite et dans l’ensemble ça ne m’a pas spécialement donné envie de lire d’autres romans de Julien Green.

Il s’habilla. A vrai dire, le pantalon le serrait plus encore qu’il n’en avait le souvenir ; le veston, en revanche, semblait fait sur mesure : il suffisait pour s’en rendre compte, de donner un coup d’oeil à la petite glace au-dessus de la cheminée, mais Joseph ne prolongea pas au-delà de quelques secondes un examen qui lui paraissait à la limite des actes permis et, détournant la tête, il demeura un court moment immobile, ne sachant que faire dans ce vêtement qu’il jugeait trop beau pour lui ; puis il marcha vers la fenêtre, le visage éclairé d’un sourire dont il n’avait pas conscience. Soudain une pensée le frappa : « Tes prières ! »

(…) Cependant il ne bougeait pas. Une idée singulière venait de naître au fond de son cerveau et le troublait. Abaissant le regard sur sa personne, il considéra ce costume dont l’étoffe un peu raide ne portait pas encore la trace d’un seul plis, sauf au pantalon dont chaque jambe, au contraire – quelle élégance ! – se trouvait divisée par une ligne bien droite. Ce fut même sur cette ligne que ses yeux s’attachèrent. Enfin, par une résolution subite, il déboucla sa ceinture et laissa glisser sur ses longues jambes ce vêtement dont la perfection l’intimidait. (…) Mais il avait à peine récité quelques paroles que ses scrupules le reprirent. Dans quelle tenue se présentait-il à Dieu ? Un veston sur le corps et les jambes nues. Pouvait-il expliquer l’étrangeté d’une pareille mise ? Il le pouvait, quelque humiliation qu’il lui en coutât : la crainte de froisser son pantalon lui avait inspiré ce geste bizarre. Ainsi, par vanité… Rouge de honte, il se releva.

(Deuxième partie, p.119-121)

Et j’ai commencé La Pitié de Dieu de Jean Cau mais je vous en parlerais plutôt au paragraphe suivant !


Qu’est ce que je lis en ce moment ?

Je n’ai pas du tout avancé dans Le Lys dans la vallée ni dans L’Histoire des Espagnols mais j’ai profité de mes 5h de train vers Paris pour commencer et bien entamer (j’en suis à la moitié du roman !) La Pitié de Dieu.

Les premières pages ont été un vrai régal, je suis entrée très facilement dans le roman. Cela dit je commence un peu à me lasser et me demande surtout où tout cela va nous mener car les mécanismes intéressants du dispositif narratif (4 personnages ont commis chacun un crime, en discutent dans leur cellule et le lecteur doit essayer de démêler le vrai du faux) me semblent avoir été explorés dans tous les sens déjà. Je trouve aussi que le concept est un peu déjà vu derrière Huis clos de Sartre (enfin je le suppose car honte sur moi je n’ai jamais lu Huis clos) mais la couverture du livre m’informant que Jean Cau a été le secrétaire de Sartre, ce n’est finalement pas très étonnant…

Dans la cellule d’une prison – pas plus située géographiquement que dans le temps – se trouvent réunis quatre hommes qui ont tous commis un ou plusieurs crimes : le Docteur, qui est épileptique, doit avoir tué sa femme ; Alex une protistuée ou un de ses amis catcheurs ; Eugène sa femme ou l’amant de celle-ci (ou peut-être ni l’un ni l’autre); Match sa mère ou peut-être son beau-père. Chacun des prisonniers évoque des souvenirs et raconte ses « crimes » – qui peuvent être autant de mensonges que de vérités. De plus, il y a une cinquième voix qui raconte, de temps à autre, tel épisode de la vie commune des prisonniers : voix anonyme, inquiétante et froide, sorte de témoin collectif de toutes les tendresses et de toutes les misères rassemblées entre ces quatre murs.

(…)

Irresponsables, [les héros de ce roman sont] soumis à la seule « pitié de Dieu » mais tous liés par la solidarité des damnés ou (peut-être) des élus.

(Quatrième de couverture)


Qu’est ce que je vais lire après ?

Je vais m’attaquer ensuite à L’Amélanchier de Jacques Ferron pour terminer ma première sélection de la liste du Blog-o-trésors.

3 réponses à “C’est lundi… que lisez-vous ? (8)

  1. Mais dis-moi …. il y a bien longtemps que tu n’as pas lu, non ??
    ah, ah, ah, tu as voulu nous faire croire que tu pouvais lire tranquillement en ayant un bébé … mais que nenni … ah ! vengeance !!!

    • de rien en fait … juste que tu sois toute pimpante, que tu lises 10 bouquins par jour alors que tu as un BEBE qui ne doit pas te laisser une minute et doit te faire des cernes sous les yeux (comme moi, quoi !) !!!!!!!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s