Bill Bryson – Down Under

Parce que Berlin, c’est très joli et mystérieux, mais j’ai aussi un défi Blog-o-trésors à terminer moi d’ici décembre !

C’est donc avec beaucoup de retard que je vous présente le deuxième livre de mon défi lecture de l’année :

down under
ou « Nos voisins du dessous : chroniques australiennes » pour la version française

Hasard du tirage au sort, le deuxième livre de mon défi racontait donc un voyage en Australie… l’auteur, d’origine américaine mais vivant au Royaume-Uni, fait donc sur 460 pages (oui les « trésors » sont longs en général ^^’) le récit de ses différentes voyages aux Antipodes en donnant des petits trucs à ceux qui s’élanceraient sur ses pas . Le monsieur est apparemment extrêmement connu pour ses récits de voyage (la plupart du temps dans des pays anglophones…).
Il y avait aussi toute une sympathie qui émanait autour de ce livre d’après les différents participants au défi : Kesalul qui l’a proposé pour le défi, ou une autre Sophie

Ce récit se lit très facilement, l’auteur a de chouettes anecdotes, très amusantes et son style est léger et tout à fait compréhensible par quelqu’un dont l’anglais n’est pas la langue maternelle. C’était un livre agréable à lire mais il ne m’a pas passionnée plus que ça. Je dirais que c’est « juste » un récit de voyage. Pour ceux qui apprécient ce style, ce récit remplit toutes les exigences du genre. Pour moi qui préfère la fiction et suis sensible à la construction d’un roman et d’un style, c’est trop juste pour en faire « un trésor ».

Déjà parce que certaines des impressions de l’auteur me laissent perplexe.
Il dit trouver l’Australie grande, ce qui m’étonne pour un américain ! A force de vivre à Londres, aurait-il perdu l’habitude des grands espaces ??? Les Etats-Unis sont-ils plus petits ou plus peuplés que l’Australie ? Car oui, pour un européen, réussir à s’habituer à la notion du « près » et du « loin » en Australie est très difficile ! Mais je ne m’attendais pas spécialement à ce genre de remarques de cet auteur !
Ensuite l’auteur n’a pas du tout aimé Canberra, que j’ai beaucoup appréciée (et dont absolument pas trouvé le temps de vous parler par ailleurs). Canberra, c’est un campus de parlementaires (un cadre que j’ai trouvé très agréable), agrémentés des plus grands musées australiens. Chaque personne dans l’auberge de jeunesse (moi la première !) regrettait de n’avoir pas prévu de rester plus longtemps car il y avait trop à voir et à faire !
Enfin je ne partage pas vraiment la fascination de l’auteur pour les anecdotes saugrenues. Pourtant, j’aime le kitsch et les traditions… mais là on est plus dans le fait façon livre des records, le plus grand animal, celui qui peut survivre le mieux dans un désert, etc. Plein de petits faits que vous pourrez ressortir pour faire la conversation en ayant l’air brillant et en donnant l’impression d’avoir vraiment pénétré le coeur du pays. Ce qui est vrai d’un certain côté car ce sont le même type d’anecdotes que vous racontent les australiens quand ils essayent de vous faire la conversation… mais malheureusement pour moi, ce livre présente les mêmes travers que le pays en question !

C’est tout de même un livre à recommander auprès de tous ceux qui veulent aller visiter l’Australie ou en reviennent car malgré tout, cela présente un bon panorama de ce que le pays a à offrir au touriste. C’est de plus un excellent roman pour lire sur la plage l’été et vous évader à moindre frais.

Pour terminer cette critique sur une note plus positive, mon extrait préféré (qui rend parfaitement bien compte d’un trait de caractère australien !) qui se trouve dans les premières pages :

L’auteur raconte l’un de ses voyages afin de réaliser un reportage pour un journal anglais, il est en train de se baigner dans la banlieue de Sydney en compagnie de son guide pour la journée nommée Deirdre, et qui est journaliste pour l’un des journaux nationaux australiens et du photographe, nommé Glenn, qui l’accompagnera ensuite pour illustrer son papier.

« What’s a bluey? » I asked, appalled to discover that there was some additionnal danger I hadn’t been told about.
« A bluebottle » she explained and she pointed to a small jellyfish of the type (as I later learned from browsing through a fat book titled, if I recall, Things that Will Kill You Horribly in Australia : Volume 19) known elswhere as a Portuguese man-of-war. I squinted at it as it drifted past. It looked unprepossessing, like a blue condom with strings attached.
« Is it dangerous » I asked.
Now before we hear Deirdre’s response to me as I stood there, vulnerable and abraded, shivering, nearly naked and hald drowned, let me just quote from her subsequent article in the Herald:

While the photographer shoots, Bryson and I boogie board and dragged 40 meters down the beach in a rip. The shore rip runs south to north, unlike the rip further out which runs north to south. Bryson didn’t know this. He didn’t read about the warning sign on the beach. Nor does he know about the bluebottle being blown in his direction – now less than a meter away – a swollen stinger that could give him 20 minutes of agony and, if he’s unlucky, an unsightly allergic reaction to carry on on his torso for life.

« Dangerous ? No », Deirdre replied now as we stood gawping at the bluebottle. « But don’t brush against it ».
« Why not ? »
« Might be a bit uncomfortable. »

I looked at her with an expression of interest bordering on admiration. Long bus journeys are uncomfortable. Slatted wooden benches are uncomfortable. Lulls in conversations are uncomfortable. The sting of a Portuguese man-of-war – even people from Iowa know this – is agony. It occured to me that Australians are so surrounded with danger that they have evolved an entirely new vocabulary to deal with it.
« Hey, here’s another one », said Glenn.
We watched another one drift by. Deirdre was scanning the water.
« Sometimes they come in wawes », she said. »Might be an idea to get out of the water ».
I didn’t have to be told twice.

Et une petite traduction maison pour les non-anglophones :

« C’est quoi un « bluey »? » lui demandais-je, horrifié de découvrir qu’il pouvait exister encore un danger dont on ne m’avait pas parlé.
« C’est pour le mot « bluebottle » » m’expliqua-t-elle et elle me montra du doigt une petite méduse du genre (comme je l’ai appris plus tard en parcourant un très gros livre intitulé, si ma mémoire est bonne, Les choses qui vont vous tuer dans d’atroces souffrances en Australie, volume 19) connu ailleurs sous le nom de « vaisseau de guerre portugais ». Je plissais les yeux tandis qu’elle dérivait et nous dépassait. Ca avait l’air peu avenant, comme une capote bleue avec des ficelles.
« C’est dangereux ? » ais-je demandé.
Mais avant d’entendre la réponse que me fit Deirdre à ce moment-là, tandis que j’étais vulnérable et à découvert, grelottant, à moitié nu et à demi-noyé, permettez moi de citer l’article qu’elle fit paraître le lendemain dans l’Herald :

Tandis que le photographe prenait ses clichés, Bryson et moi fîmes du boogie board et furent attirés à 40 mètres du rivage par un courant. Le courant court au bord du rivage du sud au nord, à l’inverse du courant situé plus loin qui court su nord au sud. Bryson n’était pas au courant. Il n’avait pas lu le panneau à l’entrée de la plage. Il n’était pas au courant non plus de l’existence de la bluebottle entraînée par le courant dans sa direction – à moins d’un mètre – la piqûre de cette grosse outre pouvant lui faire subir 20 minutes d’agonie et, s’il n’avait vraiment pas de chance, une réaction allergique disgracieuse sur le torse qu’il devrait supporter à vie.

« Dangereux ? Non ! », répondit Deirdre tandis que nous continuions à regarder bouche bée passer la bluebottle. « Mais ne la frôlez pas. »
« Et pourquoi pas ? »
« Cela pourrait être un peu inconfortable. »

Je l’ai regardé avec un intérêt proche de l’admiration. Les longs voyages en bus sont inconfortables. S’asseoir sur un banc plein d’échardes est inconfortable. Les blancs dans une conversation sont inconfortables. La piqûre d’un « vaisseau de guerre portugais » – et cela même un habitant de l’Iowa le sait – c’est l’agonie. Il m’apparut soudain que les australiens sont tellement entourés de dangers que leur vocabulaire sur le sujet a complètement évolué de manière à pouvoir gérer la situation.
« Hey, en voilà encore une », dit Glenn.
Nous en avons regardé une autre dériver à nos côtés. Deirdre scannait l’eau des yeux.
« Parfois, elles se déplacent par vagues », dit-elle. »Ca pourrait être une bonne idée de sortir de l’eau ».
Elle n’a pas eu besoin de me le répéter.

2 réponses à “Bill Bryson – Down Under

  1. Pingback: La sagesse est au coin de la rue » Blog-o-trésors, le défi·

  2. Bravo pour le défi! Bill Bryson me tente beaucoup, j’espère l’apprécier plus que toi! C’est sûr que quand on a soi-même visité le pays, la perspective est différente!

    Il a aussi écrit un ouvrage de vulgarisation scientifique qui parait-il, est une merveille.

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